L'IA favorise-t-elle les salariés expérimentés ? 4 PDG sur 10 prévoient de supprimer les postes juniors, l'emploi des jeunes plus menacé
Une étude récente d'Oliver Wyman et du NYSE, menée auprès de 415 PDG mondiaux, révèle un renversement des tendances d'embauche à l'ère de l'IA. Alors que 43% des dirigeants prévoient de réduire les postes juniors dans les deux prochaines années (contre 17% l'an dernier), seuls 17% envisagent de les augmenter. Ce changement s'explique par la capacité de l'IA à automatiser les tâches routinières typiquement confiées aux nouveaux entrants, tandis que le jugement et l'expérience des employés seniors gagnent en valeur.
Les données, notamment une étude de Harvard, montrent que cette baisse des effectifs juniors provient davantage d'un ralentissement des embauches que de licenciements massifs. Les conséquences pour la jeune génération sont sévères : selon Goldman Sachs, l'IA élimine net environ 16 000 emplois par mois aux États-Unis, touchant de façon disproportionnée les postes de niveau débutant occupés par la Génération Z. Un risque à long terme est identifié : cette stratégie pourrait rompre le pipeline de talents futurs, privant les entreprises des managers de demain.
Cependant, une minorité d'entreprises, notamment celles qui tirent un bon retour sur investissement de l'IA, adoptent une approche inverse. IBM, Salesforce et Amazon Web Services misent sur l'embauche de juniors, les considérant comme des utilisateurs clés et des bâtisseurs de ces nouvelles technologies. Malgré ces exceptions, la majorité des PDG (74%) gèlent ou réduisent leurs effectifs. Le déploiement de l'IA reste lent et complexe, avec 67% des entreprises encore en phase de test, et seule une minorité en voit les bénéfices concrets. Finalement, comme le souligne un économiste, l'IA ne garantit la sécurité de l'emploi pour personne, dans un contexte où l'engagement des entreprises envers leurs salariés faiblit.
marsbitIl y a 1 h